Halal. Les grandes marques s'y mettent
19 février 2010 - Le Telegramme
Quick, qui ouvre huit restaurants Halal en France, ne fait que se placer sur un marché porteur en France. De nombreuses grandes marques ont sauté le pas.
Cinq milliards et demi d'euros: c'est le chiffre d'affaires du secteur de l'alimentation halal prévu en France cette année, selon le cabinet Solis. Une manne potentielle largement supérieure aux 2,6milliards d'euros du bio ou à celle des produits casher. La croissance affichée par ce marché peut d'ailleurs faire pâlir d'envie le reste du secteur alimentaire. Les ventes en France des produits halal ont bondi de plus de 10% par an ces dernières années. Des marques très connues se sont lancées sur le créneau, singulièrement depuis deux ou trois ans, sans en faire toujours une grande publicité. Ces groupes peuvent le faire sous leur propre nom. Fleury Michon propose en grandes surfaces une gamme de charcuterie halal, Herta des saucisses Knacki. Ils peuvent aussi se positionner via une marque créée exprès, comme Wassila chez Casino.
KFC et Doux
La restauration rapide n'est pas en reste. «La viande (exclusivement du poulet) que nous vendons est halal», rappelle par exemple l'enseigne KFC, qui compte près de 100 restaurants en France. En amont de la filière, ce sont encore de grands noms qui occupent le terrain, comme Doux, fournisseur de KFC. Le groupe volailler breton cherche de nouveaux marchés à l'export pour ses poulets dans les pays musulmans. Outre l'augmentation de la population musulmane dans l'Hexagone, l'essor de l'alimentation halal en France s'explique surtout par l'évolution des pratiques de consommation et des offres commerciales, plutôt que par un regain de pratique religieuse ou de communautarisme.
Nouvelle demande
Pour Jérôme Fourquet, co-auteur d'une étude de l'Ifop qui montre que 60% des personnes d'origine musulmane achètent systématiquement de la viande halal, «une demande latente attendait d'être satisfaite». La progression du marché est essentiellement soutenue par la première génération des immigrés, avec «un rapport étroit à la religion». Mais à l'instar de Quick, une nouvelle offre se développe à destination des générations suivantes qui ont «la culture de la grande surface et du fast-food», estime Abbas Bendali du cabinet Solis, qui y voit un signe d'intégration. Au moment où le marché de l'alimentaire stagne, les grands groupes considèrent le halal comme une opportunité. «C'est un intérêt purement marketing», explique Abbas Bendali. Mais, d'après ces experts, la progression du marché reste entravée par les débats politiques qu'elle suscite. «Les marques y vont quand même doucement», note Eline Maurel du cabinet Xerfi.
19 février 2010 - Le Telegramme
Quick, qui ouvre huit restaurants Halal en France, ne fait que se placer sur un marché porteur en France. De nombreuses grandes marques ont sauté le pas.
Cinq milliards et demi d'euros: c'est le chiffre d'affaires du secteur de l'alimentation halal prévu en France cette année, selon le cabinet Solis. Une manne potentielle largement supérieure aux 2,6milliards d'euros du bio ou à celle des produits casher. La croissance affichée par ce marché peut d'ailleurs faire pâlir d'envie le reste du secteur alimentaire. Les ventes en France des produits halal ont bondi de plus de 10% par an ces dernières années. Des marques très connues se sont lancées sur le créneau, singulièrement depuis deux ou trois ans, sans en faire toujours une grande publicité. Ces groupes peuvent le faire sous leur propre nom. Fleury Michon propose en grandes surfaces une gamme de charcuterie halal, Herta des saucisses Knacki. Ils peuvent aussi se positionner via une marque créée exprès, comme Wassila chez Casino.
KFC et Doux
La restauration rapide n'est pas en reste. «La viande (exclusivement du poulet) que nous vendons est halal», rappelle par exemple l'enseigne KFC, qui compte près de 100 restaurants en France. En amont de la filière, ce sont encore de grands noms qui occupent le terrain, comme Doux, fournisseur de KFC. Le groupe volailler breton cherche de nouveaux marchés à l'export pour ses poulets dans les pays musulmans. Outre l'augmentation de la population musulmane dans l'Hexagone, l'essor de l'alimentation halal en France s'explique surtout par l'évolution des pratiques de consommation et des offres commerciales, plutôt que par un regain de pratique religieuse ou de communautarisme.
Nouvelle demande
Pour Jérôme Fourquet, co-auteur d'une étude de l'Ifop qui montre que 60% des personnes d'origine musulmane achètent systématiquement de la viande halal, «une demande latente attendait d'être satisfaite». La progression du marché est essentiellement soutenue par la première génération des immigrés, avec «un rapport étroit à la religion». Mais à l'instar de Quick, une nouvelle offre se développe à destination des générations suivantes qui ont «la culture de la grande surface et du fast-food», estime Abbas Bendali du cabinet Solis, qui y voit un signe d'intégration. Au moment où le marché de l'alimentaire stagne, les grands groupes considèrent le halal comme une opportunité. «C'est un intérêt purement marketing», explique Abbas Bendali. Mais, d'après ces experts, la progression du marché reste entravée par les débats politiques qu'elle suscite. «Les marques y vont quand même doucement», note Eline Maurel du cabinet Xerfi.








