Bilinguisme. Rififi à la poste
24 janvier 2010 -
Le telegrammeRififi, à la poste, hier matin. Le responsable d'agence a en effet très mal pris la manifestation bon enfant des bretonnants d'Ai'ta! venus revendiquer le bilinguisme aux guichets.
Sept policiers pour douze manifestants. Une grille baissée, un filtrage des sorties et une interdiction d'entrée faite aux clients qui n'en revenaient pas d'un tel accueil... La poste du centre-ville était en état de siège, hier matin. «La Poste a peur des bretonnants», a lancé une sympathisante, venue soutenir l'action du collectif de défense et de promotion de la langue bretonne, «Ai'ta!».
Altercation
Tristan, l'un des jeunes manifestants, a commencé sa conférence de presse de l'intérieur de l'agence, derrière une grille baissée, avant que la porte automatique ne se referme sous son nez. «Nous sommes entrés à 11h15 dans l'agence. Après avoir installé notre guichet provisoire, nous voulions jouer quelques saynètes pour revendiquer un accueil bilingue à La Poste. Le directeur de l'établissement a essayé de nous mettre dehors de façon violente, nous avons été poussés mais nous ne sommes pas sortis. Ensuite, nous avons vu arriver des policiers qui ont nos identités, histoire de nous faire peur», explique Tristan. Après l'arrivée des forces de l'ordre, le directeur s'est placé à la seule porte restée ouverte, pour empêcher toute entrée ? dont celle de la presse ? laissant sortir un à un les clients présents dans l'agence au moment de l'altercation. Quelques minutes d'entretien avec les policiers, puis les manifestants ont quitté la poste et installé leur guichet bilingue à l'extérieur. Le dernier client sorti, le directeur a définitivement fermé les portes, un peu avant midi.
«On touche à l'image de La Poste»
Le 1er novembre, «Ai'ta!» avait réalisé une autre action, à la gare SNCF, avec biniou, ankou et militants allongés par terre. Des tracts avaient été distribués aux voyageurs et tout s'était déroulé sans problème ni intervention de qui que ce soit. «En tant qu'usagers de ce service public, nous réclamons l'introduction du breton dans les bureaux de poste, au niveau de la signalétique intérieure et extérieure, des automates et la possibilité de parler en breton avec les employés bretonnants qui pourraient être signalés par un petit logo. La réaction du directeur est la preuve que l'on touche à l'image de La Poste. Nous n'étions pas là pour une confrontation physique mais pour percuter les esprits. Saréaction montre bien que l'on a mis le doigt sur quelque chose qui les gêne et il a préféré fermer plutôt que de laisser s'installer, pour quelques minutes, un guichet bilingue dans l'agence».
* Catherine Le Guen