Troc'herkaol le Ven 12 Fév - 17:28
Je me permets de faire part d'un témoignage. J'ai toujours eu un peu de breton en tête, étant de Kerne Uhel et ma mère a appris le breton "war parlenn he mamm". Mais de la cinquième à mes 24 ans, je n'ai pas eu l'occasion de m'y remettre et en dehors des termes culinaires, quelques insultes ou jurons et le verbe 'être' je n'y connaissais pas grand chose.
Hyper motivé, j'ai recommencé il y a quatre mois environ et aujourd'hui je me retrouve avec des adultes de niveau 3 à Paris (c'est le niveau maximal à Paris, pas assez d'effectif pour les niveaux 4 et 5), parmi lesquels je suis le meilleur après un vieux de 66 ans qui l'a appris de sa mère. Ça prouve qu'on peut le faire. Le breton est le centre absolu de notre identité, et en quelques mois on peut avoir un assez bon niveau. Il ne faut pas hésiter à se lancer et tenir bon...
Voilà comment je m'y suis pris : j'ai commencé par la méthode Assimil Kervella pour la base (à raison de trois leçons par jour) ensuite pour un breton plus "authentique", je me suis mis à la méthode Assimil Morvannou. Me voilà fort de mon breton KLT standard. Fort de mes connaissances, je me suis essayé à parler avec ma mère. Demi-échec: celle-ci comprenait quelques mots pris isolément mais pas les phrases construites. Je me suis donc lancé dans la méthode spécifiquement cornouaillaise (et parallélement celle de Herrieu pour le vannetais : histoire de m'initier) "Selaou selaou" de Mona Bouzec-Cassagnou. Ma mère comprend : eureka ! En ce moment, je lis les ouvrages spécialisés sur le breton de mon pays...et je cherche les derniers des Mohicans sur mon canton à parler le breton de leurs parents.
C'est passionnant !
Avoir l'humilité de partir de rien, de se mettre à ce qui se fait de plus général pour ensuite s'attacher au breton des grandes aires dialectales, puis le breton spécifique de votre bro, voilà la méthode, à mon avis.
Chañs vat deoc'h, dalc'hit mat gant ar brezhoneg !
Dernière édition par Troc'herkaol le Lun 31 Mai - 17:39, édité 1 fois