• Poster un nouveau sujet
  • Répondre au sujet

Colloque "La langue bretonne des origines / Les origines de la langue bretonne"

Partager

cian

Messages: 483
Date d'inscription: 04/07/2009
Localisation: Bro Leon

Colloque "La langue bretonne des origines / Les origines de la langue bretonne"

Message  cian le Jeu 25 Fév - 12:25

Colloque "La langue bretonne des origines / Les origines de la langue bretonne"

29 Avr. 2010 - 30 Avr. 2010 colloque / journée d’étude

Le Centre de recherche bretonne et celtique (EA 4451 CRBC / UFR langues) organise un colloque international les 29 et 30 avril 2010 à l’université Rennes 2, sur le thème "La langue bretonne des origines / Les origines de la langue bretonne".



Présentation :
C'est à partir des années 1850 que les historiens et les linguistes (Arthur de la Borderie, Joseph Loth, Aurélien de Courson) ont émis l’idée que la langue bretonne est une langue qui avait été importée des îles britanniques au cours du Moyen-Age.
Cette opinion allait à l’encontre de la doxa d’alors qui voulait que le breton ne soit qu’une forme dérivée du gaulois, et n’ayant que peu de choses à voir avec les langues dites brittoniques comme le gallois (par distinction d’avec les langues gaéliques). Cette idée d'une origine purement gauloise de la langue bretonne, portée par les celtomanes du XVIIIème siècle avait un fondement plus idéologique que scientifique.

Les travaux de Joseph Loth, qui fut, à la suite de d’Arbois de Jubainville, l’un des fondateurs des études celtiques en France, ont bien mis en évidence les rapports de la langue bretonne avec le gallois et le cornique : les conclusions de Joseph Loth redéfinissaient parfaitement le "concept" de langues brittoniques (phonologie, vocabulaire, syntaxe, emprunts au latin, etc.)
Les travaux d'Emile Ernault ont ensuite confirmé ces hypothèses au travers de ses nombreuses études sur le moyen-breton (période de 1100 à 1650 environ).
Le dossier du vieux-breton (soit l’état de la langue avant 1100) a été repris ensuite par Léon Fleuriot à partir des années 1960 : découvertes de nouvelles gloses, de nouveaux écrits qui remettent bien en perspective les origines brittoniques de la langue bretonne, où ressortent de nombreux rapports culturels avec le monde irlandais (monde de culture latine, mais aussi de culture gaélique, à travers tout le Moyen-Âge).
La progression des travaux de Léon Fleuriot et les découvertes qui ont suivi l'ont amené à revoir les positions tranchées de Joseph Loth sur l'origine exclusivement insulaire de la langue bretonne. Léon Fleuriot a ainsi exposé le problème : la langue bretonne est bel et bien une langue brittonique – donc insulaire d'origine – qui appartient au groupe gallo-brittonique (où l'on trouve également toutes les autres langues brittoniques et le gaulois) mais qui a assimilé certains éléments de gaulois qui s’étaient probablement maintenus en dépit de la romanisation de l’Armorique.
Cette position a été contrée par les théories de F. Falc'hun sur un argumentaire plus idéologique que scientifique: pour lui le breton est le descendant direct du gaulois. Mais F. Falc’hun s'était contenté de comparer le breton dans son état moderne avec ce que l'on connaît du gaulois; il y avait là un problème méthodologique : on ne peut comparer des langues sur des états et des périodes différentes, on ne peut passer outre le hiatus chronologique.
Il est assez intéressant de voir que les théories de F. Falc'hun sont remises au goût du jour, de façon explicite ou implicite (comme lorsqu'on l'on invoque les origines gauloises de la langue bretonne).

La résurgence des théories avançant l’origine purement gauloise de la langue bretonne d’un côté, et de l’autre l’absence de visibilité des travaux actuels sur le territoire français rendent impérieuse la nécessité d’une manifestation telle que celle-ci.
Dans le cadre de ce colloque international les interventions porteront sur plusieurs points fondamentaux.
Il s’agira tout d’abord de faire l'état des lieux des travaux sur le sujet : langue bretonne / origines / langues brittoniques / groupe gallo-brittonique. Depuis la disparition de Léon Fleuriot, en 1987, seul Pierre-Yves Lambert (EPHE / CNRS, Paris) a pu, en France, assurer une bonne partie de la recherche sur ce sujet. Les études spécialisées ont donc été menées par des chercheurs étrangers dont les publications ne sont pas toujours faciles d'accès. Ce colloque a donc fait appel, de façon logique, à un certain nombre de représentants de cette recherche.
Les travaux de ce colloque devront aussi revenir sur la notion de groupe gallo-brittonique. Les participants discuteront des rapports entre gaulois et proto-brittonique, mais aussi de la filiation des langues néobrittoniques (breton, gallois, cornique). Au-delà de ce débat fondamental, sera également abordé le problème des langues "avec Q" et des langues "avec P", où la chronologie (voire l'innovation) entre ces langues n'est plus établie de façon aussi certaine qu'auparavant. Les dernières découvertes d'inscriptions celtibères (voir les travaux d'Antonio Tovar, notamment) montrent bien la nécessité d'une relecture de ces éléments.
Une partie de ce colloque sera consacrée au moyen-breton et au moyen-gallois. Même si les périodes varient sensiblement / ne se recouvrent pas (loin s’en faut) ces états de langues sont précieux, à la fois en étude interne et en étude comparative. Ils permettent en effet de comprendre les évolutions phonologiques respectives du moyen breton et du moyen gallois, en convergence et en divergences : nous pensons notamment aux phonèmes notés "th" et "dd" en moyen-gallois et qui ont une existence attestée en moyen-breton – comme le montre le système de versification à rimes internes).
Cet éclairage particulier sur le moyen-breton / moyen-gallois devra mettre en évidence les points d'articulation de deux langues qui ont été, jusqu'au douzième siècle, les dialectes principaux de ce que l'on connaît sous le nom de lingua britannica.
Précisons ici que la période du moyen-breton intégrée à ce colloque fait l'objet d'un projet de corpus, à la fois informatisé et en version papier – ouvrages. Ce colloque sera aussi l'occasion de faire le point sur ce projet qui implique des chercheurs de plusieurs universités : R2, Copenhague, Marburg et Paris.


_________________
Cian ex Yann,
Breton, celte et Européen

Erwan
Admin

Messages: 346
Date d'inscription: 18/05/2009

Re: Colloque "La langue bretonne des origines / Les origines de la langue bretonne"

Message  Erwan le Jeu 25 Fév - 15:40

Debrer connait sûrement mieux le sujet que moi mais je me demande comment le Breton pourrait être une langue Gauloise. Si c'était le cas il y aurai eu des restes importants dans la partie nord de l'hexagone, spécialement la partie nord-ouest qui a moins souffert de la Romanisation et de la poussée Germanique.
Comme par hasard c'est là où les Bretons ont fuis que la langue Celtique s'est maintenu.


tugdu

Messages: 94
Date d'inscription: 16/02/2010

Re: Colloque "La langue bretonne des origines / Les origines de la langue bretonne"

Message  tugdu le Jeu 25 Fév - 19:04

pourtant je pense que le breton tient autant du gaulois que du brittonique.
vu que le gaulois et le britonnique etait quasiment identique.
le Britonnique a sauvé en quelque sorte le gaulois où ailleurs il a disparu progressivement.

gwezenn

Messages: 1677
Date d'inscription: 26/07/2009
Localisation: Bro Gernev

Re: Colloque "La langue bretonne des origines / Les origines de la langue bretonne"

Message  gwezenn le Jeu 25 Fév - 21:31

Dans les 2 cas il s'agit de langues celtiques d'origines indo-européenne, je ne vois pas trop où se situe le problème.

Troc'herkaol

Messages: 269
Date d'inscription: 12/02/2010
Age: 25
Localisation: Kerne Uhel

Re: Colloque "La langue bretonne des origines / Les origines de la langue bretonne"

Message  Troc'herkaol le Lun 17 Mai - 14:58

tugdu a écrit:je pense que le breton tient autant du gaulois que du brittonique.
vu que le gaulois et le britonnique etait quasiment identique.
le Britonnique a sauvé en quelque sorte le gaulois où ailleurs il a disparu progressivement.


Quand les premiers Bretons sont arrivés en Armorique, l'intercompréhension était possible avec le gaulois et certains chercheurs pensent que le breton vannetais a subi une certaine influence du gaulois (paradoxalement, c'est aussi le dialecte qui contient le plus de termes d'origine latine et française). Il faut toutefois préciser que le gaulois n'était plus parlé que dans quelques campagnes très isolées, que c'est le latin populaire qui était parlé par l'immense majorité des Armoricains : ce latin-là a dégénéré et a donné le gallo, comme il a donné le normand, le picard ou le wallon ailleurs...

Sinon, le gallois et le breton descendent tous deux du britonnique et ont commencé à se séparer assez tardivement dans le haut Moyen-Age. Du sud de l'Écosse au Pays Nantais, c'était un seul et même peuple et La Manche était plus considérée comme un axe de communication que comme un obstacle naturel. Par ailleurs, le dialecte trégorrois est celui qui a le plus de vocabulaire commun avec le gallois. Le terme 'beure' en est un exemple, là où les autres dialectes emploient 'mintin', d'origine évidemment latine.

Le breton et le cornique était une seule et même langue jusqu'au XVème siècle : pour illustrer ce fait on peut rappeler que les élites des Cornouailles envoyaient souvent leurs rejetons étudier en Bretagne. C'est à la faveur du durcissement des relations entre la France et l'Angleterre et des effets de la Réforme qu'ont été séparés les frères multi-séculaires et leur langue...
D'ailleurs, il y a une école de pensée qui considère qu'il est plus utile d'étudier le breton pour parler la langue des Cornouailles. Pour eux le cornique est un dialecte, certes le plus original mais quand même, du breton à l'égal du cornouaillais, du trégorrois, du léonard, du vannetais et du guérandais. J'ai rencontré un type de ce bord-là à Paris et ses options tenaient la route...et c'est un cornouaillais britannique, pas un breton chauvin.

Ces quelques rappels, discutables bien sûr, vous en trouverez une bonne part, avec d'autres détails très intéressants, dans le livre de Serge Plénier : http://www.ar-vro.com/levriou-livres-f15/la-langue-bretonne-des-origines-a-nos-jours-t413.htm


_________________
Potius mori quam foedari

Ar brezhoneg hag ar feiz zo breur ha c'hoar e Breizh

O, sent ma bro, ma divallet, sent ar vro-mañ n'anvezan ket.

Debrer Frañs

Messages: 1546
Date d'inscription: 05/07/2009
Localisation: Bro Ereg

Re: Colloque "La langue bretonne des origines / Les origines de la langue bretonne"

Message  Debrer Frañs le Lun 17 Mai - 19:11

Troc'herkaol a écrit:
tugdu a écrit:je pense que le breton tient autant du gaulois que du brittonique.
vu que le gaulois et le britonnique etait quasiment identique.
le Britonnique a sauvé en quelque sorte le gaulois où ailleurs il a disparu progressivement.


Quand les premiers Bretons sont arrivés en Armorique, l'intercompréhension était possible avec le gaulois et certains chercheurs pensent que le breton vannetais a subi une certaine influence du gaulois (paradoxalement, c'est aussi le dialecte qui contient le plus de termes d'origine latine et française). Il faut toutefois préciser que le gaulois n'était plus parlé que dans quelques campagnes très isolées


C'est, je crois la thèse du chanoine Falc'hun. Mais j'ai aussi lu l'inverse. A savoir que c'est au contraire dans l'ouest de la péninsule que se serait conservé le gaulois et où se serait fait la fusion breton-gaulois. Cette hypothèse me parait plus probable étant donné que le vannetais actuel avait été davantage latinisé que l'ouest. Pour les tenants de ce point de vue, le vannetais est donc plus purement breton que le KLT.
Quoi qu'il en soit, ça ne change rien au caractère celtique du breton moderne (malgré les emprunts au roman).


_________________
E kreiz me flijadur, neoah, ankinet on ;
Doué 'lakas en dristé é kalon er Breton.
  • Poster un nouveau sujet
  • Répondre au sujet

La date/heure actuelle est Dim 1 Aoû - 10:56